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Chimio-embolisation hépatique

Un traitement ciblé des tumeurs du foie

Qu’est-ce que la chimio-embolisation hépatique ?

La chimio-embolisation hépatique, également appelée TACE (Transarterial Chemoembolization), est une technique de radiologie interventionnelle utilisée pour traiter certaines tumeurs du foie.

Cette procédure consiste à administrer directement un médicament anticancéreux dans les artères qui alimentent la tumeur, puis à bloquer ces vaisseaux sanguins afin de priver la lésion de son apport en oxygène et en nutriments.

La chimio-embolisation permet de concentrer le traitement au niveau de la tumeur tout en limitant l’exposition du reste de l’organisme.

Dans quelles situations la chimio-embolisation est-elle proposée ?

La chimio-embolisation est principalement utilisée dans le traitement :

  • Du carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie).
  • De certaines métastases hépatiques sélectionnées.
  • De tumeurs hépatiques hypervascularisées.
  • De lésions non accessibles à la chirurgie ou à l’ablation percutanée.
  • En attente d’une transplantation hépatique chez certains patients.

La décision de traitement est prise lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire réunissant radiologues, oncologues, chirurgiens, hépatologues et autres spécialistes impliqués dans la prise en charge.

La réalisation de ce geste pourra être réalisée par l’un de nos radiologues attachés sur le site même du CHU de Lille, dans le service de radiologie interventionnelle digestive.

Comment agit la chimio-embolisation ?

Les tumeurs hépatiques tirent généralement leur vascularisation principalement de l’artère hépatique, contrairement au foie sain qui reçoit l’essentiel de son apport sanguin par la veine porte.

La chimio-embolisation exploite cette particularité :

  1. Le médicament anticancéreux est injecté directement dans les artères nourrissant la tumeur.
  2. Parfois des particules d’embolisation sont ensuite administrées pour obstruer ces vaisseaux.
  3. La tumeur reçoit moins d’oxygène et de nutriments.
  4. Le traitement reste concentré au niveau tumoral pendant une durée prolongée.

Cette double action améliore l’efficacité du traitement local.

Comment se déroule l’intervention ?

Avant l’intervention

Une consultation spécialisée est réalisée afin d’évaluer l’éligibilité du patient.

Plusieurs examens peuvent être nécessaires :

  • Bilan sanguin.
  • Scanner ou IRM hépatique.
  • Évaluation de la fonction hépatique.
  • Bilan de coagulation.

Il est important de signaler :

  • Les traitements anticoagulants ou antiagrégants.
  • Les allergies connues.
  • Les antécédents médicaux importants.

Une courte hospitalisation est généralement prévue.

Pendant l’intervention

La procédure est réalisée dans une salle de radiologie interventionnelle.

Après anesthésie locale au niveau de l’aine ou du poignet :

  1. Le radiologue introduit un cathéter dans une artère.
  2. Celui-ci est guidé jusqu’aux artères hépatiques sous contrôle radiologique.
  3. Une cartographie précise de la vascularisation tumorale est réalisée.
  4. Le traitement de chimiothérapie est injecté directement dans les vaisseaux de la tumeur.
  5. Les particules d’embolisation sont ensuite administrées pour bloquer l’alimentation artérielle de la lésion.
  6. Le cathéter est retiré en fin d’intervention.

La procédure dure généralement entre une et trois heures selon la complexité de la vascularisation tumorale.

L’intervention est-elle douloureuse ?

La chimio-embolisation est généralement bien tolérée.

Pendant la procédure, les patients peuvent ressentir :

  • Une sensation de chaleur transitoire.
  • Une gêne abdominale modérée.

Après le traitement, des douleurs dans la région du foie peuvent apparaître et sont prises en charge par des traitements antalgiques adaptés.

Que se passe-t-il après la chimio-embolisation ?

Une surveillance hospitalière est habituellement nécessaire pendant 24 à 72 heures.

Dans les jours suivant l’intervention, il est fréquent d’observer :

  • Une fatigue importante.
  • Des douleurs abdominales modérées.
  • De la fièvre modérée.
  • Des nausées ou une perte d’appétit.

Ces manifestations constituent le syndrome post-embolisation, fréquent et généralement transitoire.

Un traitement symptomatique est prescrit afin d’améliorer le confort du patient.

Quels sont les bénéfices de la chimio-embolisation ?

La chimio-embolisation présente plusieurs avantages :

  • Traitement ciblé de la tumeur.
  • Concentration élevée du médicament au niveau tumoral.
  • Limitation de l’exposition systémique à la chimiothérapie.
  • Préservation du foie sain environnant.
  • Procédure mini-invasive.
  • Possibilité de répéter le traitement si nécessaire.
  • Amélioration du contrôle tumoral dans de nombreuses situations.

Chez certains patients, elle permet également de stabiliser la maladie en attente d’un traitement curatif.

Quels sont les risques ?

Comme toute procédure interventionnelle, la chimio-embolisation comporte certains risques.

Syndrome post-embolisation

Il s’agit de l’effet secondaire le plus fréquent, associant :

  • Douleurs abdominales.
  • Fièvre.
  • Fatigue.
  • Nausées.

Ces symptômes disparaissent généralement en quelques jours.

Altération temporaire de la fonction hépatique

Une perturbation transitoire du bilan hépatique peut être observée après le traitement.

Infection

Une infection du foie ou des voies biliaires reste rare mais peut nécessiter une prise en charge spécifique.

Complications vasculaires

Un hématome au point de ponction ou des complications artérielles peuvent exceptionnellement survenir.

Atteinte du foie sain

Grâce aux techniques modernes de cathétérisme sélectif, ce risque est aujourd’hui limité.

Comment évalue-t-on l’efficacité du traitement ?

L’efficacité de la chimio-embolisation est évaluée grâce à :

  • Des scanners ou IRM de contrôle.
  • Des bilans sanguins réguliers.
  • Une surveillance clinique.

Ces examens permettent de mesurer la diminution de la vascularisation tumorale et l’évolution de la taille des lésions traitées.

Certaines tumeurs nécessitent plusieurs séances espacées de plusieurs semaines ou mois.

Questions fréquentes

La chimio-embolisation remplace-t-elle une chirurgie ?

Non. Lorsqu’une chirurgie curative est possible, elle reste généralement le traitement de référence. La chimio-embolisation est proposée lorsque la chirurgie n’est pas réalisable ou dans certaines stratégies thérapeutiques spécifiques.

Contrairement à de nombreuses chimiothérapies administrées par voie générale, la chimio-embolisation entraîne rarement une chute des cheveux car le traitement est principalement concentré dans le foie.

Le nombre de séances dépend du nombre, de la taille et de l’évolution des lésions. Une ou plusieurs procédures peuvent être nécessaires.

En résumé

La chimio-embolisation hépatique est une technique de radiologie interventionnelle permettant de traiter certaines tumeurs du foie en associant l’administration ciblée d’un médicament anticancéreux et l’occlusion des vaisseaux nourrissant la tumeur. Mini-invasive et réalisée sous contrôle radiologique, elle constitue aujourd’hui un traitement majeur de nombreux cancers hépatiques lorsqu’une chirurgie ou une destruction locale ne sont pas possibles.

Documents de consentement et questionnaires

Vous pouvez retrouver vos documents de consentement et questionnaires, à compléter avant votre examen.

Demande de prise en charge